mardi 4 octobre 2011

il suffit d'y croire!

Ce message devrait se lire comme suit :
«Mon prochain départ arrive dans moins d'une semaine. Oui! Je reprends la route pour quelques mois vers l'Asie cette fois-ci.»

Mais en fait, ça ne c'est pas tout à fait passer comme je l’espérais. Pour économiser sur le transport (et mettre la Super Ténéré à la retraite!) j'ai décidé d'acheter une moto en France par le biais d'internet. Je change au passage de marque, un peu échaudé par le manque de fiabilité de ma Yamaha, pour une autre machine assez similaire et de la même époque.


Confiance totale, moto payée d'avance et livrée dans un endroit où je la récupérerais 4 mois plus tard.


Mauvaise surprise, le vendeur est un voleur et m'a laissée une épave roulante avant de disparaitre dans la nature... Après quelques moments de panique, je trouve une aubaine qui me sauve du désespoir. La même moto, en bon état mais avec le moteur cassé.


Joie, bonheur! Reste à en faire une avec les deux...
Ce sera sûrement le premier poste de mon nouveau blog. Le départ est maintenant repoussé à l'été 2012, il suffit d'y croire...



Pourquoi c'est tout tordu en bas le radiateur?

Heu! les deux trous là ils devraient pas être alignés, non?


C'est normal que ça touche là?

Et ce ne sont que quelques exemples... mais l'histoire qui en découle est finalement bien sympa!

mercredi 18 mai 2011

Hors sujet!


Oui, c'est vrai! Ce message est hors sujet. Rien à voir avec le voyage à moto de Montréal à l'Amérique du Sud. Mais Comme c'est une expérience très intéressante je me suis dit, dans un élan de bonté caractéristique, que je partagerais ce moment avec quelqu'un, oui toi qui me lit en ce moment (oui, je te tutoie, je sais que ce n'est pas un problème, on se connaît bien maintenant!).

Donc, je ne sais pas pourquoi en 2007, je me suis dit que je voulais collectionner quelque chose. Mais quoi? Je voulais que ce soit pas infini comme démarche, mais pas trop facile non plus. Je ne sais vraiment pas comment j'ai jeté mon dévolu sur les 7 merveilles du monde. J'ai, comme ça, décidé que je visiterais les 7 merveilles du monde moderne. Déjà ça prend pas de place sur une étagère, pas besoin de les dépoussiérer non plus et ça fait voyager (ça forme la jeunesse!).
J'avais déjà dans ma «collec» le site de Chichen Itza, Le Colisée de Rome et, bien sûr, Machu Picchu.


Alors quand mon vénéré employeur (heu! au passage c'est sarcastique l'usage fait ici de cet adjectif!) m'envoie en Jordanie, je m'arrange pour avoir 23 heures de libres. Serré, mais faisable, mission visite de Petra, aussi sur la liste des 7 merveilles du monde moderne. Ni une, ni deux je saute dans une voiture de location et direction plein sud depuis Amman.
Vers 22 heures 30 j'arrivais dans le village de Petra qui possède toutes les caractéristiques d'un village où l'attrait principal est un site touristique mondialement connu. Les hôtels se succèdent déclinés dans toutes les variétés possible et imaginables, du plus minable au plus luxueux. Mais sincèrement j'ai ma dose d'hôtel minables pour un moment et je lançais la vieille (mais vaillante) Hyundai de location vers le désert. Il y a dans le sud du Royaume Hachémite de Jordanie quelques camps de bédouins aménagés pour recevoir les touristes dans des conditions qui me paraissaient encore un peu floues mais que je me faisais une joie de découvrir sou peu.

Malgré l'heure tardive et l'obscurité du désert (ou peut-être grâce à la noirceur ambiante, car le camp était éclairé sobrement mais avec bon goût) je trouvais le camp que je visais, subrepticement soustrait à la vue des curieux et aux assauts du vent par des blocs rocheux que la géologie et l'érosion ont criblées de formes fantastiques que l'on devine susceptibles d'exciter les convoitises de quelques troglodytes habiles à façonner la roche. J'étais accueilli par Atif, qui, après m'avoir guidé jusqu'à ma beit sha'r me demandait de le rejoindre sous la tente commune pour le thé. Je posais rapidement mes affaires sur le tapis à même le sable et sortait ma veste de moto de mon sac. Il faisait froid ce soir là et aussitôt revêtue je retrouvais avec plaisir le confort et la chaleur de ma veste. Sans doute pour l'avoir porté pendant 6 mois tous les jours par tous les temps pour toutes occasions (y compris un mariage) lors de mon voyage moto à travers les Amériques, je me sens très bien dans cette veste, elle est un symbole sans doute, un épitomé du voyage vécut.

Je rejoignais Atif dans la grande tente, il planait encore dans l'air l'odeur parfumé de la shisha où finissait de rougir quelques cendres. Je m'asseyais sur un coussin face à mon hôte de l'autre côté des restes du feu de camp dont les braises diffusaient une chaleur bienfaisante. Le thé bouillant était parfumé et sucré dans son verre à une anse, la théière noircie reposait près de l'âtre. Je m'attendais plus ou moins à du thé à la menthe mais, surpris je n'identifiais pas la saveur douce de celui-ci. De la sauge me dit Atif. Excellent!
Mon interlocuteur était enroulé dans un long manteau de chameau lui descendant jusqu'aux pieds, ses longs cheveux noirs cascadaient souplement sur ses épaules. Les lampes à pétrole (qui en réalité éclairaient par le magie moins romanesque d'ampoules électriques alimentées par un générateur) diffusaient une lueur douce dans la grande tente. Un décor idoine pour quelques errances de l'imagination. Il n'en fallait pas plus pour que mes pensées dérivent vers T.E Lawrence (nous étions proche d'Aqaba après tout, difficile de faire plus évocateur!) et bien sûr Corto Maltese (dont son caban a sans doute sur lui les mêmes vertus que ma veste de moto sur moi) en train d'inventer une 115ème sourate au Coran qui lui conviendrait mieux.

Deux jeunes bébouins m'amenaient bientôt un plateau chargé de mon repas d'une manière quelque peu solennelle. Quelques plats s'y trouvaient mais le plus surprenant et le plus savoureux était un plat traditionnel que je n'avais jamais goûté, appelé galaya. Un véritable régal! J'ai fini le plat, mangeant directement à l'aide du pain plat en m'excusant auprès d'Atif de l'insulte que je lui faisais en mangeant de la main gauche. il ne semblait pas m'en tenir rigueur.
Mon temps étant compté à Petra je me couchais vers minuit pour être debout vers les six heures au plus tard après avoir fini le thé et conversé un peu avec Atif. Les différents troubles politiques récents en Afrique et au moyen orient ont un impact direct sur l'activité touristique de la Jordanie (lui même a eut 11 annulations ce mois-ci), c'est un refrain que j'entendrai partout, sur le site de Petra, sur la place du village où j'achetais de la crème solaire, au restaurant en repartant vers Amman...

J'ai très, très bien dormi cette nuit là. Le désert est tellement tranquille et quatre couvertures ont rendues la température tout à fait supportable. Je me levais vers six heures comme prévu et bien reposé pour un petit déjeuner sous la grande tente. Humus, huile d'olive, thym, omelette, tomates, olives composaient le menu du matin. Très bon pour la santé! J'étais d'attaque pour la journée marathon car je devais être sur la route du retour vers 15H30 au plus tard et le site est immense, certains disent qu'il faut trois jours pour en faire le tour.

À 7 heures 30 je rentre sur le site. La promenade à cheval sur les deux premiers kilomètres est incluse dans le billet d'entrée, alors allons y pour le cheval. Il me dépose à l'entrée du Siq. Ce fameux canyon qui conduit dans la cité. Sur la droite un tunnel massif de 88 mètres de long témoigne de la maîtrise technologique de nabatéens. Il avait un système hydraulique complexe, détournant les rivières, stockant l'eau dans des citernes creusées à même la roche, entretenant des jardins et des fontaines. Lors de grosses inondations au milieu du XXème siècle on a rien trouvé de mieux que de rénover les conduites d'eau originales. un système vieux de 2000 ans!
Je m'enfonce donc dans le canyon étroit. Tout de suite on se sent tout petit. Les caravanes qui passaient ce couloir devaient sans doute avoir des sentiments mitigés face à cet endroit. En effet si Petra parait avant tout être un cimetière (la plupart des monuments sculptés dans la roche sont des tombeaux) c'était surtout une ville stratégiquement placé sur les routes de la soie, des épices et des produits d'Afrique allant vers l'Europe. Cela à fait sa fortune, mais aussi en a fait une menace pour les empires Grecque puis Romain. Comment les caravanes trouvaient-elles cette ville? La description que fait Kessel des pérégrinations de Mordhom, Igricheff et Philippe dans Fortune Carrée prennent ici un sens plus profond. On comprend l'existence des guides bédouins ou autres qui connaissaient toutes les pistes depuis leur plus jeune âge, une connaissance presque innée, la valeur de la transmission des connaissances dont dépendent leurs vies.

Puis soudain entre les parois serrées du Siq on aperçoit les premiers contour du fameux Trésor. Sans doute le plus célèbres des monuments de Petra. Encore quelques mètres et le voici soudain dans toute sa grandeur. Encore maintenant, on ne peut s'empêcher de s'arrêter, ébahi par cette apparition soudaine. La majesté de ce temple, son gigantisme, le travail fourni pour réaliser ce colossale symbole laisse sans voix. On peut aisément imaginer l'effet qu'il devait avoir sur les caravaniers qui entraient pour la première fois dans la cité de Petra, ils devaient se sentir ridiculement petits et sans doute l'effet était-il voulu, Petra exhibait dès l'entrée sa toute puissance et sa richesse.
Je vois dans ce lieu un rapprochement avec Machu Picchu. Naturellement le site est déjà impressionnant. Plein d'une énergie presque palpable. Mais la manière dont l'homme a façonné cet environnement, avec des moyens assez rudimentaires, est tout simplement incroyable. Quelle somme d'efforts, quel coût en vies humaines il a fallut produire pour que les rêves de grandeur de quelques élus permettent la construction de ces monuments dédiés à des cultes perdus, à la croyance en un monde supérieur qui dans des formes différentes à fini par la création de tels sites?

C'est vrai, Petra est immense. Et surtout il n'y a pas un endroit laissé sans traces. Elles sont évanescentes par endroits, bien conservées dans d'autres, mais toujours présentes, imposantes. J'ai monté et descendu près de 3000 marches dans le journée, on m'a conseillé de choisir entre le Monastère et la place haute du sacrifice par manque de temps. En courant entre les deux on peut les faire dans la journée. Je ne regrette pas de l'avoir fait. Comme pour les autres merveilles du monde déjà à mon catalogue, je n'ai pas pris de guide. J'aime m'imprégner des lieux, laisse leur magie opérer, tant pis si je perds ma chance de briller dans quelque trivia, que je me contente de mon inculture crasse. Je crois que c'est du rêve que je cherche dans ces endroits, pas la recherche de l'exactitude historique ou du détail culturel.

La sortie se fait également par le Siq, une dernier regard au Trésor avant de s'engager dans le corridor rocheux. Le Trésor porte son nom à cause de la croyance bédouine que l'urne surmontant le temple contient un trésor fabuleux caché par un pharaon (c'est écrit sur une plaque devant le monument, j'ai pas de mérite sur ce coup là!). Elle est d'ailleurs criblée de trous de balle les bédouins vers le XIXème siècle essayant ainsi de déloger, sans succès, le trésor. Assez épars les tirs d'ailleurs, je pense à Shoendorffer et son Crabe Tambour qui apprend à tirer aux nomades qui le retiennent prisonnier, scène mythique!

À peine monté dans la voiture, juste à la sortie de Petra (la ville!) je suis arrêté à un contrôle de police. Hum! Qu’est-ce qu’ils me veulent. Le Policier aux dents en or me sert un grand sourire brillant en me parlant en arabe. Je comprends deux mots, Police et Amman, je suis pas trop avancé. Je lui souris bêtement. Puis il se lance dans un mime digne du grand Marcel puis appelle un des ces jeunes collègues resté dans le camion. Je finis par comprendre qu’ils veulent que je prenne le jeune comme passager. J’accepte, je me voyais mal dire non! Le gars file chercher son sac dans le camion et embarque. Très sympa, malgré qu’il ne parle aucune langues que je connaisse et moi pas arabe on a bien rigolé, et il connaissait l’emplacement de chacun de nombreux radars sur la route entre Petra et Amman.

Donc voilà, quatre de fait (en quatre ans), restent, heu.... oui, c'est ça trois merveilles du monde à visiter!

vendredi 6 mai 2011

Encore en triage...



Je suis toujours en train de passer ponctuellement au travers des milliers de photos prises lors du voyage quand j'en ai le temps. En voici quelques une que j'aime bien...












jeudi 10 mars 2011

Vous voulez rouler au Mexique?

L'été passé j'ai eu le plaisir de participer à un rallye moto au Minnesota. En plus d'y rencontrer des gens sympathiques animés de la même passion que moi, c'est un terrain de jeu fantastique où je me suis vraiment amusé (et, oui, je suis aussi tombé en panne de moto!).

Il y avait aussi là un voyageur qui à fait plus ou moins la même route que moi au même moment, nous avons des amis en commun partout dans les Amériques sans nous être jamais rencontré avant. Il vient de finir un documentaire de nature éducative sur les voyages à moto au Mexique.
Si vous avez dans l'idée d'aller faire un tour «south of the border», je ne peux que vous inviter à vous procurez le DVD, vous y trouverez tout ce qu'il faut savoir et plus :

http://www.motorcyclemexico.com/

mercredi 3 novembre 2010

La dernière vidéo...

Enfin, vidéo, si on veut!
La précédente se terminait par la rupture du boitier de la caméra suite à un impact non calculé avec de le roche bolivienne. Donc cette dernière partie est surtout à base de photos, c'est moins vivant j'avoue, j'espère que en vous apprécierez quand même le contenu.



lundi 18 octobre 2010

Video Partie 3, Équateur et Bolivie

Difficile de choisir des extraits dans les vidéos de la Bolivie, au niveau plaisir à moto c'est le temps fort du voyage, revoir ces passages ravivait des souvenirs uniques.
Autant terminé par l'explosion du boitier de la caméra dans la chute à l'arrêt de la moto...


samedi 2 octobre 2010

Les montages vidéos du voyage.

Six mois de travail acharné, et voilà le résultat! La première et la seconde partie du voyage vu par ma roue avant.

Oui!!six mois se sont écoulés depuis mon retour et revoir ces extraits en vidéo est pour moi assez chargé d'émotion. Ceux qui ont fait un voyage similaire peuvent comprendre, les autres je les invite à se lancer, vous en reviendrez changé...












samedi 5 juin 2010

La boucle est bouclée...


Elle est arrivée... Pas facile, mais elle est revenue au bercail! Le bateau est arrivé avec une semaine d'avance à New York, mais entre les States et Montréal, la boite c'est un peu perdue. Deux semaines et un jour pour finir la dernière longueur!!!

Un peu d'émotion en revoyant l'emballage fait quelques semaines plus tôt à San Antonio. Et encore plus en déballant.
Me reste plus qu'à la réparer, il ne me déplairais pas de faire un peu de moto. Il me semble que ça fait trop longtemps que j'ai pas eu les fesses sur une selle et le poignet droit essoré...



Merci encore à Pat The Bouc, toujours généreux de son temps, qui m'a aidé à récupérer l'engin avec son camion et sa remorque.
Tout est encore là.

lundi 10 mai 2010

Conclusion.

Il y a trois semaines que je suis rentré au Canada.
De mon siège côté hublot dans l'avion de la compagnie Lan qui m'emmenait vers Miami je jetais un dernier regard sur Santiago. Une fois de plus je fus surpris par l'étendue de cette ville tentaculaire, toutes ses lumières dans l'air nocturne mettant en exergue sa situation géographique, coincée entre les montagnes. La lueur électrique orangée qui baignait la ville se répercutait sur les collines alentours et les montrait sobrement ourlées de quelques nuages bas qui s'accrochaient au relief. Plus haut, dans une explosion silencieuse des milliers d'étoiles constellaient le ciel comme un violon constelle de mélancolie une mélopée venue du fond des âges.

Le voyage était bel et bien fini. Je n'avais rien à regretter, bien qu'il ne s'était pas déroulé comme je l'avais imaginé, ou peut-être précisément parce qu'il ne s'était pas déroulé comme je le pensais. Les pannes mécaniques et attentes diverses étaient totalement effacées par les rencontres faites tout au long des routes, par les paysages et les souvenirs stockés dans mon cerveau alangui par le monotone ron-ron des réacteurs du 767.
Il me restait à retrouver la «réalité», qui fidèle à l'idée que l'on s'en fait n'avait guère changée en six mois d'absence. La pénible recherche d'emploi, les impôts qui m'attendaient avec une facture aussi élevée que le coût de 4 mois sur la route.
Mais je noirci le tableau sans doute. Difficile de décrire la joie réciproque de revoir mes enfants à qui je n'avais pas dit que je rentrais au bercail. Les amis que je retrouvais aussi avec plaisir qui m'aident en en faisant le récit à me dire que ce voyage est terminé. Mais je sais que les routes m'attendent, elle est vaste et belle cette planète et je ne peux me passer d'elle et des gens qu'elle abrite, de leur générosité et de leur accueil, ni de savoir que malgré nos différences bien heureusement nous sommes tous pareil.




Au port de San Antonio, Chili, j'ai même dégotté une boite d'origine Yamaha. Prête pour la mise en container et le chargement sur le bateau CSAV Hamburgo.

Si je dois dresser un bilan de mon choix de matériel je dois dire qu'en moyenne j'en fus plutôt satisfait. Je pouvais pas avoit tout faut quand même : j'ai fait cette balade avec la moto la plus problématique que j'ai jamais possédé (c'est bien tourné pour dire que c'est le pire véhicule que j'ai jamais eu avec mon Asuna vert pomme, celle dont la pompe à eau avait lâchée deux jours après l'achat).

Les valises : aucun regret. Je connaissais le principal inconvénient des boites de transport Pelican. Ce ne sont pas des valises de moto, mais des boites de transport, leur ouverture latérale est vraiment pénible. Pour peu que l'on ait besoin de quelque chose, ou lors d'une fouille à un contrôle de police, il faut soit les retirer pour pouvoir les refermer, soit forcer sans égard pour le contenu qui a tendance pour cause de gravité à tomber au dehors. Par contre elles sont parfaitement étanches, et leur résistance aux chocs est bien supérieur à ce que j'ai pu voir des valises spécialisées en aluminium. Le système de fixation Caribou adapté pour les supports Hebco Becker c'est révélé parfait. Fiable, rapide à retirer et remettre, équipé d'un «fusible» qui permet à la valise de s'éjecter en cas de choc sans rien abimer d'autre que le-dit fusible (testé lors de mon crash au Costa Rica).

Probablement mon meilleur investissement : un Throttle Rocker. Plus question de voyager sans.
Ce petit bout de plastique est une des meilleures inventions du XXeme siècle.

Pour la moitié du prix d'un Sahara j'ai acheté trois pneus Shinko. J'ai été surpris par leur longévité et efficacité. Je n'ai pas eu à rouler dans la boue, mais que ce soit sur la gravelle, la terre meuble, l'asphalte ou le sable ils ont été largement à la hauteur de la tâche.
Le huileur de chaîne loobman est très bien tant que l'on reste sur la route. Les pistes l'ont ruiné très rapidement, il s'ensable pour un rien et la tête distributrice est trop fragile. Je l'ai reconstruit au moins 4 fois dans tout le voyage et finalement j'ai abandonné et ai eu recours au graissage classique de la chaîne.Je suis très content de mon casque. Un CKX, le moins cher des «flip up». Au niveau reproches : il est très bruyant et rouler sans bouchon dans les oreilles est pénible, en plus il est très lourd et les forts vents de travers au Pérou et en Patagonie rendaient son poids difficile à porter, douleurs de cou garanties.
Par contre j'ai apprécié la visière pare-soleil intégrée et le fait de pouvoir soulever l'avant du casque. Cela permet de prendre des photos sans l'ôter. Autre bénéfice, je ne l'ai jamais retiré lors d'un contrôle de police. Il suffit de l'ouvrir, alors qu'avec un intégral, pas le choix...


Je voulais des bottes me permettant de marcher un minimum en tout confort et suffisamment rigide pour un peu de hors route. La aussi j'ai acheté une des paires les moins chères, des Joe Rocket. Bien que je trouve l'esthétique peu réussie je n'ai rien d'autre à leur reprocher. Elles sont encore parfaitement étanches. Leur confort pour des marches de distance modéré est suffisant. Après la longue marche à Basaseachic par 40 degrés j'ai compris la leçon, après cela je les rangeais dans mon Pac-Safe quand j'envisageais une randonnée pédestre de moindre importance. Comme on en parle, j'ai longtemps hésité avant d'acheter un Pac-Safe. Finalement j'ai bien fait. Il donne une certaine confiance. Je n'ai jamais hésité à laisser la moto en ville avec mes affaires dessus. Je ne l'aurais pas laissé dehors toute une nuit, mais de jour en pleine rue ou lors de passages de douanes pas de problème et tranquillité d'esprit.
Un seul reproche à ma veste Bering, pas assez de poches! Sinon c'est une bonne marque, solide, chaude, confortable.
La prochaine fois je prendrais une tente beaucoup plus petite, j'en ai apprécié l'espace mais pour le nombre de nuit de camping elle était trop encombrante et pesante. Le poids est l'ennemi numéro un.
Dans le même style, je ne m'encombrerais pas de pneus de rechange dès le départ et j'aurai moins de pièces de rechange (enfin j'ai quand même prouvé ma théorie voulant que l'on a jamais besoin des pièces que l'on transporte avec soit). J'ai envoyé mon réchaud de camping par la poste depuis les États-Unis. Je ne l'ai regretté qu'au Chili et en Argentine, les prix des restaurants sont plus élevés et les occasions de camper et pique-niquer plus fréquentes qu'ailleurs en Amérique Latine.
Pour ce parcours je ne reprendrais pas non plus de bidon d'essence supplémentaire. Il n'a été utile que deux fois en 30000 kilomètres et aux endroits que je savais par avance peu pourvus en stations service. Le mieux est d'acheter un bidon en plastique pour les rares occasions où c'est nécessaire et le donner ensuite à n'importe qui, cela fait toujours plaisir comme cadeau (sans blague!).
Les chaussettes de randonnée moyenne tissées avec du cuivre (???) ont été parfaites (3 paires). Par contre j'avais trop de sous-vêtements grand froid. Une paire de caleçons longs et un haut thermolactil est largement suffisant.
Finalement, les sous vêtements et T-Shirt en tissus «dry-tech» sont vraiment parfaits. Cela permet de faire une lessive rapide le soir et le lendemain matin tout est sec.

Si vous avez des questions sur des sujets que je n'ai pas couverts ici, je me ferais un plaisir de vous répondre par courriel.

Merci encore de m'avoir suivi dans ce périple. En attendant le prochain...

lundi 12 avril 2010

Revoir les Andes.


Il fallait bien qu'il se passe quelque chose un jour où l'autre. Longue histoire, que je ne vous narrerais pas ici par le détail. Mais j'ai quitté Rio Gallegos. Sur ma moto! Si!
Bon, d'accord elle boîte encore un peu. Problème électrique on dirait. J'ai fait 750 kilomètres avant de devoir passé un jour et demi dans un atelier moto. Une chance le personnel de Motosur à Comodoro Rivadavia est vraiment sympathique. Tiens d'ailleurs en parlant de sympathique, ma dernière semaine à Gallegos a été égayée par des rencontres que j'aurais aimer faire plus tôt. La famille du propriétaire de l'hôtel où je me terrais, contraint par les évènements, depuis des semaines.

Je suis de retour au Chili, préparant l'expédition au Canada de mon épave pseudo roulante. Je l'accrocherais dans mon salon au dessus de l'âtre pour, lors des longues soirées d'hiver, me remémorer celui que j'ai passé sur les routes des Amériques.

Il faut avouer une chose quand même. En revoyant les Andes pour la première fois depuis bien longtemps, mes deux mois d'attente ridicule ont été balayés d'un coup. La vue majestueuse de ces montagnes mythiques a remis les montres à l'heure. Du côté argentin elles s'élèvent à pic vers de vertigineux sommets. Les stries marquées sur les flancs rocheux semblant faire de moi un grain de sable perdu dans une clepsydre aux proportions titanesques, celles du Temps, avec un grand T.
Qu'aurais-je ramener d'aigreur si je n'avais pas fini sur deux roues mon voyage jusqu'à un but que je m'étais fixé?
Même après les moments pénibles de l'impuissance et de l'ennui, les derniers 3000 kilomètres, avec des arrêts forcés pour recharger la batterie, furent le seul point final que je devais savoir apporter à cette histoire.

Le monde des voyageurs est un petit monde. Un évènement amusant vient de me le rappeler. Je m'enregistrais à l'accueil de l'auberge que je retrouvais à Santiago plus de deux mois après mon dernier séjour quand Spencer est entré à son tour. Il avait été deux semaines durant mon compagnon d'infortune, attendant des pièces pour sa moto à Rio Gallegos. Je le retrouvais là par le plus grand des hasards et nos airs surpris valaient sans doute une photo.

Quelques formalités me séparent de l'avion qui doit me ramener à Montréal. Je rentre avec des souvenirs que je n'oublierais pas de sitôt, des amitiés nouvelles, mais surtout avec l'irrésistible envie de repartir vers des horizons lointains, des pays inconnus et des amis que je ne connais pas encore.




Autre atelier de moto, autre strip-tease de carrosserie.

Mal de mer garanti une fois arrivé en bas de cette route.
Retour à Santiago et ses graffitis et tags.







Le marathon de Santiago se tenait lors de mon passage.
On en rigole pas avec la grippe A au Chili.

Préparation de la boîte pour l'envoi maritime de la moto.
Avec l'aide d'Enzo et de Mario, qui lui attend sa moto (la même que le mienne, je lui souhaite bon courage!) pour commencer son voyage.