samedi 7 novembre 2009

on prend les mêmes...

...et on recommence.

Pas moyen de sortir de Creel. Batterie chargée à bloc dans ma chambre. Du jus à ne plus savoir qu'en faire. Mais elle veut pas partir. Manque d'essence on dirait. Je sais que j'en ai, j'ai fait le plein la veille au soir en arrivant. À force d'essayer ma batterie s'épuise. J'ai de nouveau recours au bon samaritain de passage pour un petit survoltage grâce à sa voiture. Elle finie par partir. Je soupçonne la pompe à essence. Oublions le Canyon, je trace la route vers la civilisation. Vers 16H00, j'arrive à Hidalgo Del Parral et m'arrête au premier garage moto. Ils me laissent bricoler dans l'atelier. Je leur demande leur opinion, mais ils s'y connaissent autant que moi en mécanique, on est mal barré.
Angel, le chef, me propose de graisser le câble de l'enrichisseur de démarrage. Moi je veux bien, mais je crois pas que ça la fasse démarrer! Ben, non ça le fait pas.
Je nettoie le filtre à air, vidange les cuves des carbus. Et enfin, ouvre la pompe à essence. Je suis presque content d'y trouver une gaine de câble électrique de 3 mm de long. Comment est-il arrivé là? Mystère!
Je remonte le tout. Et hop! Elle démarre pas. C'est l'heure de la fermeture en plus. Les gars me hélent un taxi, et me voilà en route vers l'hôtel qu'ils indiquent au chauffeur. J'avais demandé pas cher, effectivement c'est pas trop cher. Mais il faut payer à l'heure. C'est un de ces hôtels pour les rencontres fortuites entre adultes consentants, en général la moitié mâle du couple payant pour ce service. Garage pour chaque chambre pour plus de discrétion et films pour adultes en prime. J'ai dormi habillé et sur les draps, qui ne me paraissaient pas des plus inspirants, et pas vraiment enthousiaste à la perspective de dormir dedans après tant de nuit d'extases qu'ils ont dû vivre.
J'ai payer jusqu'à 6 heures, le magasin ouvre à 9H. Beau début de matinée rempli de questions.
Finalement Angel arrive et regarde la moto. Je trouvais bien qu'il connaissait pas grand chose mais il est très sympa. Ne trouvant rien, il me dit «je vas appeler le Maestro. Il habite dans un autre village, mais il à même réparer la moto d'un français». Je dois dire que ça c'est un argument qui a du poids.
Alors donc attendons le Maestro...

jeudi 5 novembre 2009

Mexique jour 1.

Mercredi. Je suis dans le Chihuahua. Avant que certains esprits tordus ne s’imaginent des choses, je vais préciser cette assertion. Je n’ai pas de relation zoophile avec une canidé domestique qui pourrait appartenir à une ringarde starlette en mal de gloire dans le papa possède une chaîne d’hôtels. Pas du tout, je suis dans l’état mexicain du Chihuahua.

Ce matin de bonne heure je quittais plein d’espoir mon motel favori de Deming, non sans plaisir je me dois de le reconnaître. Direction plein sud, machine avant toute vers la frontière mexicaine. Le processus fut assez simple. Premier arrêt, la fouille. J’ai dû vider tous mes bagages, puis les recharger après que le douanier y est à peine jeté un œil. Rien que ça c’est une demie heure de perdue, mais bon c’est lui qui décide. Satisfait il me dit de passer la frontière. Mais moi je ne veux pas la passer cette frontière, je veux faire des démarches administratives à la place. Effectivement il existe une zone franche au sud des États-Unis où il n’est pas nécessaire de présenter de passeport ou autre pièce d’identité ni de faire de paperasse quelconque. Moi par contre, je vais plus loin que cette zone franche, j’ai besoin de passer par l’immigration et de faire importer la moto.

Je rentre donc au Mexique en moto et en ressort à pied pour faire les papiers d’immigration. Le monsieur est bien gentil, je lui dis que c’est la première fois que je fais ça. Il me rempli tous les papiers, m’explique bien tout ce qu’il faut. Au passage je lui demande ce qu’il faut faire pour aller importer la moto. Il me dit quels sont les papiers et leurs photocopies dont j’ai besoin et de présenter le tout à la banjercito où je dois aller de toute façon payer mon entrée au Mexique. J’ai presque tous les papiers nécessaires photocopiés dans mes affaires, mais je dois aller faire des copies de mon passeport visé et du papier d’immigration, je retourne au Mexique à pied. Je me présente donc avec mon dossier prêt au bureau adéquat. Plutôt facile et sans douleur comme processus. Le tout est fait en 55 minutes de la fouille au paiement final. Il me reste à me fournir une assurance moto. Au premier assureur, pas possible ils ne font que les voitures, au deuxième aussi et au troisième c’est pareil. On me recommande d’aller à Nuevo Casas Grandes, je devrais trouver là bas. Du coup avec ces arrêts et départs et autres niaisages en ville, la batterie est faible et la moto part de peine et de misère, je suis bien décidé de ne pas m’arrêter avant la ville en question. C’est pas loin de 200 kilomètres à vue de nez. Bon, ben pas le choix. Je fonce. Pourvu que je n’ai pas de contrôle de police. À peine à 40 kilomètres de la frontière, il y a un barrage militaire. Plutôt décontractés, ils me font ouvrir les deux valises, regarde vaguement dedans, et je peux partir. Puis 120 kilomètres plus loin c’est la douane de nouveau, j’ai juste à présenter mes papiers d’immigration car je quitte la zone franche. Pas désagréable comme arrêt, la douanière qui vérifie la validité de mes papiers est la personne en uniforme la plus agréable à regarder que j’ai jamais vu.

Je suis passé devant 3 contrôles de police, ils me font tous signe de passer.

Arrivé à Nuevo Casas Grandes, je m’arrête à la première banque qui annonce sur sa devanture vendre des assurances. J’ai pas bien tout compris au genre d’assurances qu’ils vendent, mais en tout cas pas pour moto, c’est certain. Très gentil, le gérant m’envoie dans une quincaillerie. Pourquoi pas après tout!

Bien sûr dans cette quincaillerie, ils ne font que les assurances pour les USA. Mais il y a un endroit où peut-être je trouverais. Là, très sincèrement, je commence à ressentir une certaine lassitude. Je me trouve un café internet, et en deux minutes, achète et imprime mon certificat d’assurances. Une bonne chose de faite.

En ressortant je suis abordé par Adrian et son partenaire d’affaire, un américain du nom de Dave. On papote 5 minutes, et finalement Dave nous invite à manger. C’est toujours ça de gagné. Ils me déconseillent de prendre la route des montagnes pour me rendre vers le canyon du cuivre. Trop dangereux, il parait. Il y a une autoroute à péage très bien qui est plus rapide même si le détour par la ville de Chihuahua rallonge la distance totale. Je consens donc à suivre leur conseil et nous nous quittons sur ces bons mots. Je repars vers le sud. Mais une fois face au péage, je suis plus certain de mon coup. J’aime pas les péages! Bon, la route des montagnes alors. Je serais prudent et je ne parlerais pas aux étrangers. Quel bon choix ce fut. Le pied total cette route. Ils avaient utilisés tous les bouts de lignes droites pour faire l’autoroute on dirait. Ce sont des courbes se succédant sur des kilomètres. Je n’ai pas trop le temps d’admirer le paysage, ça demande un minimum de concentration, même si je me retiens d’attaquer trop fort. Le revêtement est très bon. Il y a quelques portions de terre, mais très bonnes aussi, bien damées et parfaitement lisses. Les seuls endroits un peu plus chauds sont les transitions entre terre et asphalte, la terre est répandue en une fine couche sur les premiers mètres de pavement et est assez glissante, mais je maintiens un bon 70-80 à l’heure.

Droite, gauche, droite, gauche, ça virevolte sans fin, les parois se rapprochent de plus en plus, et ça monte toujours plus haut dans ce paysage de fou, aride et se refermant sur moi comme un couvercle. Les seuls autres véhicules sont de bus qui roulent comme des malades. Je ne peux même pas m’arrêter prendre des photos, pas de bas côtés ici, et je me vois mal m’arrêter dans un virage, pour prendre des photos, ce serait le moment que choisirait un de ces autobus pour me ramasser au passage.

Puis sans aucune transition ça commence à descendre. Simultanément, je me retrouve dans un paysage totalement différent. Verdoyant à souhait, couvert d’une forêt dense. C’est vraiment très étrange, l’impression d’avoir été projeté dans une autre dimension.

Je n’ai pas de carte de la région et n’est pas allumé mon GPS, mais je suis plus ou moins dans la bonne direction je pense, par contre le soleil descend vite derrière les montagnes, et je me commence à me dire qu’il faudrait vraiment que je trouve un abri pour la nuit. Les deux premiers villages traversés ne sont guères inspirants. Une dizaine de maisons plus ou moins en ruines, pas trace d’un hôtel quelconque. En voyant un panneau indiquant Cuauhtémoc 163 Km, je me dis que je pourrais y être avant la nuit en forçant un peu l’allure. Ce village est assez gros pour être sur ma carte du continent, c’est bon signe. Mais franchement, je ne suis pas emballé par l’idée, c’est un coup à se planter. Coup de chance le village suivant, Oscar Soto Maynes est un bourg de bonne taille. Je m’arrête au local de la croix rouge, pour me renseigner sur un hôtel sécurisé pour la moto. Il y a deux hôtels en ville dont un avec une cours intérieure. Vendu, pour 16 dollars la nuit. Le proprio est très sympa. Il s’appelle Javier, on jase une bonne heure. Je me rends au café internet du village. Quand j’en ressors il fait bien nuit. Ils n’ont pas un budget débordant pour l’éclairage public ici, c’est le moins qu’on puisse dire. Malgré tout, je ne me sens pas vraiment menacé, les gens me regardent curieusement mais sans animosité, ils ont pas trop de touristes pas ici je pense.

Javier m’emmène ensuite au restaurant de son frère en voiture. Les meilleurs burritos qu’il m’ait été donné de manger, pour 3 dollars, j’avais plus faim. C’est une gargote avec 4 tables, directement dans la cuisine d’une maison. Sympa, je regrette de ne pas avoir pris mon appareil photo, mais je ne voulais pas trop attirer l’attention. Par contre, je me demande pourquoi il me donne des piments en plus car sans rien ajouter, ça arrache déjà pas mal ses burritos au frangin.

Je rentre à pied à l’hôtel, ce qui me confirme qu’il n’y a pas trop d’activité dans le coin.

Rideau pour la journée.

Je retrouve le sens de ce voyage j’ai l’impression avec une journée comme aujourd’hui. Rouler dans des paysages à couper le souffle, sur des routes taillées pour les motos (et les bus, on dirait!), traverser des villes perdues sur des chemins de traverse oubliés du commun des mortels. Je suis content de ma décision de ne pas m’obstiner à me rendre vers la Baja. Je ménage ma batterie, je me fiche d’où je vais passer dans la journée, suivre une direction générale me conviens bien et il y a suffisamment de stations service Pemex pour que je ne me stresse pas avec le problème de l’essence.

Javier m’a conseillé une route sympa en montagne pour me rendre à Creel, je vais l’essayer demain.

mercredi 4 novembre 2009

plus lent tu meurs.

Et je parle de l´internet dans ce café. Je suis au Mexique, dans un bled dont j´ai deja oublié le nom. Pas encore au canyon du cuivre, demain peut etre. Mais enfin une journée de moto totalement l éclate... il était temps.

Des vraies nouvelles des que je trouve une connexion valable...

mardi 3 novembre 2009

À l'ouest, du nouveau.

Je sais enfin ce qui me dérange le plus dans ce charmant petit village américain. Je suis le seul piéton. Pas une âme qui ne se déplace à pied ici. Je crois que c’est le contraste avec Antigua qui m’a fait réaliser cette anomalie. J’ai passé, quoi, 6 jours ici, et au total j’ai vu 3 ou 4 personnes en dehors de leur voiture. Oui, j’exagère, il y a bien des gens qui descendent de leur voiture, pour aller dans des magasins divers, mais pas pour se rendre quelque part à pied. Pas plus que quelques mètres, surtout ne pas traverser la rue, c’est plus facile de reprendre l’autoroute, sortir à la prochaine, faire demi-tour et revenir dans le sens opposé. Encore là, c’est pas obligé non plus, toutes les banques, les restaurants, les fleuristes ont leurs guichets pour autos. Faudra que je vérifie, si ça trouve même les entreprises de pompes funèbres ont leur «service à l’auto».

Ça y est je vous ai servi ma réflexion philosophique du jour, alors revenons en à la question existentielle du moment. La moto, elle marche ou pas?

Dès l’ouverture je me présentais, frais comme un gardon (pêché la veille) devant les grilles de mon magasin de moto préféré en ville. Oui, le seul je sais, mais on fait avec ce qu’on a!

Ils n’étaient pas plus émus de me revoir que si j’étais le gars de Fedex qui livre les colis sur les coups de 10 heures 14. On me dit que m’a moto est prête. Ben, c’est une bonne nouvelle ça. Je demande si cela aurait été très difficile de répondre aux courriels, mais on me dit qu’internet ne fonctionne pas bien ces derniers jours. Bon, au moins ces 11 derniers alors…

Passons, je vais chercher ma moto dans l’atelier. Là encore, je ne soulève guère les passions, un regard morne, comme celui que servait le chien du plombier qui habitait le côté impair de ma rue en voyant passé le curé, en guise de salut, pas plus. Moi, nouvellement social comme être humain, je me risque à une poignée de main et un mot gentil, en l’occurrence : bonjour.

Alors, oui, elle fonctionne la moto. Un peu!

Heu! On peut m’expliquer le ‘un peu’?

Il parait que le stator débite normalement, le régulateur régule, mais à la batterie il manque 2 volts. Ils savent vraiment pas où ils sont passées ces deux volts, ils se perdent quelque part en route, et eux, ils arrivent pas à les retrouver. J’ai un peu l’impression qu’ils n’ont pas cherchés trop fort non plus. J’en ai un peu ma claque de ce bled, moi. Je ramasse mes affaires dans l’atelier, sors la moto, charge, tourne la clef de contact, appuie sur le démarreur, et la moto me fait ‘beuhhhh, beuhhhh, beuuuuuuuuh, clic!’. Batterie vidée. Super, pourquoi je ne suis pas resté au Guatémala déjà?

On fait le coup habituel de survoltage de batterie, démarrage sans problème. Le metrix est de nouveau de sorti, c’est fou ce que j’en vois des testeurs comme celui là depuis deux semaines. La batterie se recharge, c’est bon signe. Ouais, sauf au ralenti, où elle se décharge. Je me souviens que je leur avais demandé de faire des tests avec le GPS allumé pour voir le résultat. Bien sûr, ils ne l’ont pas fait, faut pas abuser quand même. Bon, si je veux voyager avec cette moto, j’ai juste à déconnecter les lumières en tout temps, et pas utiliser le GPS, puis pas la laisser tourner au ralenti. Tout va bien alors, au revoir messieurs, dames, ce fut un plaisir de passer par ici.

Je retourne au motel. Faut que je me décide sur les choix immédiats. Je vais faire une virée dans les alentours pour voir si ça passe ou ça casse avec cette réparation, ça me parait un bon plan. Je vire tout le matériel dans la chambre et en route. J’avais vraiment envie de rouler un peu. Ça a fait du bien, un bien pas possible de remettre les fesses en selle. 210 kilomètres, un peu de chemin de gravelle, un peu de route de cambrousse. Dans la foulée, j’ai passé la ‘continental divide’, ça m’aura pris plus longtemps que je pensais pour passé à l’ouest.

Je me suis aussi arrêté parler à une cycliste. Ce matin alors que je sortais de ma chambre pour allez aux nouvelles de ma moto, je l’ai vu passer dans la rue. Puis je l’ai doublé sur la route durant ma promenade, elle avait fait un bon 60 kilomètres. Quand plus tard je l’ai aperçu de nouveau cherchant son chemin, je me suis arrêté pour lui parler cinq minutes. Carrie est partie de Pennsylvanie il y a 66 jours et se rend à San Diego avec son vélo. Assez impressionnant je trouve. Elle trouve juste que les journées sont trop courtes, elle aimerait pédaler plus longtemps chaque jour. En fait, si on regarde la moyenne kilométrique par jour, je ne fais pas vraiment beaucoup mieux qu’elle. Ouch!

210 Km donc, et la batterie est encore bien chargée. Faut dire que je n’utilisais pas grand-chose sur le système électrique. Je me réserve le GPS pour quand je serais…non pas perdu, juste un peu égaré. Je ne vais rebrancher qu’une lumière avant. La meilleure chose à faire serait de rentrer à la maison, je suis pas mal certain que le système va me lâcher de nouveau, il y a quelque chose de pas trop normal dans la perte de ces deux volts. Peut-être dans le faisceau, que sais-je. Ou bien aller vers une grande ville et la faire réparer par de gens qui s’y connaissent un minimum. C’est le choix le plus logique. Mais bon, si j’étais un gars qui fait des choix logiques, je serais chez moi en train de me chercher du travail.

Je commence à en avoir un peu marre des USA. Puis, si je retombe en panne bientôt, je n’aurais pas mis les roues au sud de la frontière, dommage quand même. Alors voilà mon nouveau plan. J’abandonne l’idée de la Baja California. Demain je trace plein sud, direction le Mexique. Je n’ai pas de carte du coin, mais je sais que le canyon de cuivre se trouve par ici, au sud. 400 kilomètres des États-Unis peut-être moins. C’est suffisant pour que je me dirige dans cette direction.


Enfin si la moto démarre demain matin, je l'ai encore fait…Si, si j'ai fait une blague de mauvais goût à un brave monsieur qui me voulait du bien. Je sens que je vais encore subir la vengeance divine sous peu. Je m'étais arrêter dans un petit musée d'un bled encore plus perdu que celui où je me terre ces jours-ci. Rien à voir au passage, le tour en 3 minutes chrono et encore j'ai fait deux fois la section des fers à repasser. À la sortie un touriste texan se stationnait devant le musée sinon totalement désert. Sans doute passionné par mon apparence avenante il commence à m'entretenir de choses et d'autres. J'aimerais bien vous en rapporter les propos ici, mais hélas je les ignore moi-même! Incompréhensible son accent. J'ai cru de bon aloi de soulever stratégiquement les sourcils en alternance avec un petit hochement de tête entendu de temps à autres, en guise d'approbation. Lorsque son débit c'est enfin ralenti, j'en ai profité pour dire que c'était pas le tout, mais fallait que j'y aille, moi. Lui, sympa et plein de bons sentiments chrétiens envers un mécréant comme moi, me dit la première chose claire de toute la conversation : 'God bless you!'.

Moi, taquin, je lui réponds : 'je croirais en dieu si Sarah Palin n'est jamais élue présidente des États-Unis'. J'ai bien vu dans son regard que mon humour ne l'avait pas atteint. Peut-être le fond de vérité qui se cachait dans cette phrase banale lui fut-il trop perceptible. Je n'attendais pas le confirmation de mes soupçons à ce sujet, ni qu'il aille chercher son fusil de chasse sur la banquette de son pick-up. Démarreur, première, gaz, deuxième, bye-bye...

Promis, je le ferais plus. Si, promis.


lundi 2 novembre 2009

Deming, prise deux.

Dans un moment d'égarement passager plus tôt dans ce blog, je m'extasiais sur la qualité du transport en commun à Albuquerque. Je retire ce que j'ai dit, je suis enfin revenu à mes sens! Après avoir passé 7 heures et demie sur ma banquette, dont j'eus un mal fou à m'extraire les fesses collées sur le skaï, il était temps que je me dirige vers le centre ville avant de prendre racine. Me remémorant la disposition des lieux, je filais vers le terminal des bus de la ville. Surprise! Il n'y a pas de bus le DIMANCHE à Albuquerque!!! C'est quoi l'idée derrière ça?
Un taxi coûte 20 fois le prix du bus, par contre il y a des navettes privées pour 11 fois le prix du bus. Le choix n'était pas trop difficile. J'ai eu la chance de tomber sur un chauffeur très sympathique et marrant, Johnny. Quand il m'a déposé au centre ville j'avais l'humeur un peu plus légère, rigolant de sa bonne humeur contagieuse. D'ailleurs, je m'écoutais depuis le matin l'album «Bleu Pétrole» qui n'est pas forcément des plus légers, même s'il est absolument génial, enfin c'est mon humeur du moment qui dictait ce choix je pense. Donc, petite pause dans le lecteur MP3. Et recherche d'un restaurant. La vue d'une enseigne annonçant la perspective salivante de spécialités new-yorkaises ne me fit pas hésiter longtemps. Pour ceux qui ne connaissent pas les mets les plus fins de New-York, c'est de la pizza et des pâtes. N'ayant pas eu ma dose de nouilles depuis près de deux semaines, je me senti pris de sueurs froides et de tremblements dans les mains en imaginant un plat fumant de pâtes, le manque c'est terrible. Donc fettucine et poulet parmesan firent bon ménage, surtout que je n'avais mangé depuis la veille au soir qu'une banane et un petit paquet de chips. Une bonne bière m'appelait aussi dans un frémissement de mousse que je n'imaginais que trop bien. Je me suis lancé pour un truc local, une Marble brown ale.
4 minutes 24 dixième plus tard :
Puis ce fut la pénible attente de mon bus. Les sièges de la salle d'attente de Greyhound ont été conçus très différemments de ceux de l'aéroport. Je pense qu'ils sont fait exprès pour que l'on ne puisse pas s'endormir dessus. Et surement pas dans un but généreusement altruiste (ce qui est potentiellement un pléonasme!), mais plutôt pour faire propre sur soi et ne pas avoir de pauvres voyageurs éreintés se vautrant dans un sommeil peu réparateur à droite et à gauche. Je me suis résolu malgré le froid relatif (7 degrés) à attendre dehors.C'est à dire jusqu'à ce qu'une femelle veuve noire me passe en boitant sous les jambes. Elle avait pas l'air bien vive, mais bon quand même, je l'ai laissé à sa claudicante promenade nocturne et me suis rentré sagement avec la plèbe autant abrutie de fatigue que moi qui agonisait l'attente du bus de 2H40 du matin. Bien plus tard, lorsque je descendais à Las Cruces pour le changement de bus, le soleil se levait sur les montagnes découpant l'orient.

De retour à mes pénates néo-mexicaines, je me morfonds de nouveau en attendant de me rendre au magasin de moto demain matin. J'ai la chambre 9 ce coup-ci, ça change un peu le mal de place.
Les paris sont ouverts, réparée ou pas, la moto???

dimanche 1 novembre 2009

Fermer la parenthèse.

Je suis assis sur une banquette en faux cuir et clous cuivrés des plus inconfortables dont quelqu'un a cru bon de doter l'aéroport d'Albuquerque, à vue d'oeil, il y a 14 ans 6 mois et environ 17 jours. Par chance, le modernisme c'est implanté au far-west sous la forme de l'internet sans fil gratuit. L'inconfort du moment, notion relative s'il en est, n'est pour rien dans mon état d'esprit. Je ne sais même pas comment décrire cet état dans lequel je flotte depuis ce matin. La parenthèse guatémaltèque de mon voyage à moto a été une surprise énorme. Ai-je perdu le sens des réalités? Ou bien changé-je de réalité comme je change de pays sans toutefois pouvoir adapté mon cœur au déplacement?
En écrivant ces lignes je devrais m'extasier devant la beauté du coucher de soleil du Nouveau Mexique qui tente de me séduire par la baie vitrée au moment même où un avion de la Southwest se pose devant moi dans des éclats azurs,ocres et incarnats. Mais tout ce que je ressens c'est de la nostalgie. Un vide qu'une seule semaine à réussie à créée en moi. Quelle sortilège ensorcelle-t-il Antigua?
Ces quelques jours ont été les plus étranges de ce voyage. Je me suis retrouvé dans un endroit inconnu, et je suis tombé aussitôt sous son charme, mais ça, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Par contre, je ne suis pas quelqu'un de particulièrement social, ni même sociable. Pourtant, il n'y a pas une seule journée où je n'ai fait la rencontre de quelqu'un qui m'a proposé de partager avec lui (ou elle!) une visite, ou suggéré un endroit à voir absolument. Le contraste avec les jours solitaires sur la moto et les motels de bord de route est tellement saisissant qu'il me fait tourner la tête. Je ne sais pas dans quel état je vais retrouver ma moto, malgré mes courriels, je n'ai pas eu de réponse pour me rassurer sur son sort, par lâcheté sans doute, je n'ai pas non plus pris la peine de téléphoner pour en savoir plus. Autruche la tête enfouie au milieu de ruines coloniales, j'affronte maintenant de nouveau le doute. J'espère bien reprendre la route d'ici quelques jours, ça j'en suis certain, mais pour où? J'ai rencontré beaucoup de gens cette semaine, des voyageurs. Ils ont partagés leurs coups de cœur du Mexique au Panama. Si je devais suivre leurs bons plans, je serais en Amérique Centrale pour les prochains 18 mois au moins. Si je prends l'exemple d'Antigua, je me vois bien aller de ville en ville et y rester une semaine ou plus et visiter alentours, me rendre jusqu'au Panama et retourner par la route vers le Canada.
La question que je crois devoir me poser est : «qu'est ce que j'attends de ce voyage?». Au moment d'écrire ces lignes, j'en ignore le début de la première lettre de la réponse. Une chose à la fois, je vais dans deux jours savoir si ma moto est en état de reprendre la route. Mais je me connais un peu, et je crois que je ne prendrais pas de décision nette et précise. Je vais, avec un faux détachement dilettante, sans doute suivre des signes flous et diffus que j'interprèterai comme on lit des haïkus, avec un sentiment de compréhension de l'infini qui s'estompe aussitôt perçu. Il y a tant de choses à voir sur la route, que je vais devoir suivre ce système à la mystique incongrue pour savoir si je continue jusqu'en Amérique du Sud ou bien si je traîne au centre des Amériques, à cheval sur cette bande de terre reliant deux géants antagonistes.
Si la mécanique coopère je reverrai le Guatémala dans quelques semaines. Avec un œil différent, sans aucun doute. Affecté, floué par les journées passées au Mexique, blasé peut-être, je n'aurais possiblement plus cette envie presque casanière de me complaire dans une routine familière, mais un goût pour la recherche d'une griserie renouvelée par les ronronnements du moteur.

Je suis sur cette banquette depuis déjà 6 heures, il m'en reste encore 8 avant le départ du bus pour Deming, je crois que je n'ai pas fini de panser mon blues. Alors pour mon plaisir, voici encore quelques photos prises cette semaine à La Antigua Guatemala, deuxième capitale du pays après Ciudad Vieja. Son enchantement ne parait sans doute pas sur quelques photos d'amateur, mais je vous le jure, il est bien réel.


















samedi 31 octobre 2009

les bus.

Les bus sont privés. Ils proviennent des états-unis, lorsqu'ils ne sont plus en état des fréquenter les routes américaines ils finissent dans des endroits comme Antigua . Certains portant encore les couleurs et noms de leur commission scolaire d'origine. Parfois le chauffeur est aussi le propriétaire du bus, parfois juste un employé. Il sont deux personnes dans un équipage de bus. Le chauffeur et un crieur. Le crieur annonce la destination et essaye de rameuter plus de clients que les autres crieurs. Ils descend aussi aux croisements pour faire signe à son chauffeur de traverser, et collecte le prix des billets.

Un chauffeur «canadianophile»:




Le terminus des bus est sur la place du marché, qui est très coloré, et patrouillé par des gardes armés de fusils à canons sciés. Je sais pas si c'est bon signe ou pas...




Des jeunes indigènes sur la place centrale vendent des souvenirs aux touristes.


Heu, ça c'est moi...