samedi 17 octobre 2009

Forcément...

Je pourrais vous dire à quel point ce fut une belle journée pour parcourir les routes du sud ouest de États-Unis. Mais non, je vais plutôt commencer par la fin.

Ça donne quelque chose comme cela :
Il était prêt de 18 heures, et je me dis qu'à la prochaine ville, ce sera ma première soirée camping du voyage. C'est à peu près à ce moment précis que j'ai senti comme un flou dans la direction. Sur le coup je me suis dit que cette route était soudain bien mauvaise. Puis assez vite j'ai bien compris que je venais de subir une crevaison. Je me suis laissé rouler jusqu'à une boutique de souvenirs du far west qui passait par là, au milieu de nulle part. La madame très gentille qui tient la boutique m'a appris que la ville la plus proche est à 40 kilomètres. Bon, d'accord, je vais la réparer cette crevaison, j'en rigole d'avance, vu comme j'ai eu du mal à la mettre ce pneu, le décoller ça va pas être du cake. Alors bon je tripatouille, j'ai du cambouis jusqu'aux oreilles, mieux que Gérard Lambert.
Mais j'en viens à bout en moins de 3 heures. Petite peur lorsque je viens pour partir, je ne retrouve pas mon portefeuille dans ma poche. Je vide tout, regarde partout, 5, 10 fois. Rien! Je réfléchi à la dernière fois que je l'ai sorti, à l'essence, c'était encore au Texas, et là je suis au Nouveau Mexique. Finalement en mettant ma veste prêt à retourner au Texas, je tombe dessus dans ma manche gauche. Comment est-il arrivé là? Mystère.

Beau coucher de soleil pour changer une roue, puis 3 heures plus tard, il fait bien nuit...

Bon, oublions le camping j'arrive en ville vers 22H30, me jette sur la première auberge venue sans regarder le prix. Petite surprise, en tournant dans le stationnement, chaque fois que les clignotants s'allument les phares s'éteignent, puis finalement les clignotants restent allumés en continu. Je vérifie la batterie :11,55 volts. Elle n'était pas descendue au dessous de 13 de toute la journée. Mon connecteur qui ne connecte plus ou bien le régulateur déjà flingué? Les paris sont ouverts, et aussi ceux sur jusqu'où je vais me rendre. Moi même je l'ignore, mais j'ai ce sale pressentiment que je me dirige droit vers la prochaine panne. Je ne crois pas trop au châtiment divin, ni même à une destinée téléologique, mais là ça fait beaucoup en trois jours. serait-ce que je me suis moqué du puritanisme hypocrite des américains. Pas fort en tout cas, juste dans mon for intérieur. Faut dire que ça laisse rêveur, tous ces panneaux publicitaires sur le bord des autoroutes. Un qui te vante les mérite de la prière, le suivant qui t'annonce un méga centre pour adulte, genre supermarché du sexe, et ainsi de suite. J'ai bien aimé celui qui disait en gros «tu ne commettras point l'adultère» suivi d'un passage de la bible, comme quoi Jésus aura honte de toi.
Mais bon, au moins ils professent de belles valeurs pour notre société. Comme, heu... le délation par exemple. Je ne compte plus les panneaux qui encouragent la dénonciation des gens qui conduisent mal, en état d'ébriété, qui jettent de cochonneries sur le bord des routes, etc.

Sinon, le journée fut des plus belles avant tout ça. Visite du cratère. Je pouvais pas le rater, 50 kilomètres qu'on me l'annonçait, ce cratère. Toi le brave touriste naïf (enfin, je dis toi, mais c'est surtout moi!) tu imagines un beau trou de forme plus ou moins ronde, poli par le choc de ce monstre tombé du ciel, plein d'une signification mystique qui va te plonger dans des délices spéculatoires. Ben non celui là il est spécial. Tombé il y environ 55 mille ans ce météore, à fait un trou de 200 mètres de diamètre, qui est depuis rebouché par le sable. Mais il est là, caché, et découvert en 1939 par un gars qui passait par là avec un magnétomètre. Circuler y a rien à voir.

Puis El Paso, qu'en dire. C'est une énorme banlieue avec un tout petit centre ville, c'est laid, et il fait TRÈS CHAUD.